Et là-haut les corbeaux...

Penser que le corbeau puisse être un animal est tout simplement trivial. Comme une queue de comète, chargée d’ombre et de lumière, de joie et de deuil, de vie et de mort, de poèmes et de silences, il s’impose, immuable, sculptural, différent, résistant, depuis le déluge, au moins, et sans nul doute jusqu’à l’apocalypse qui lancera, hors de la galaxie, la terre.

Démarche scientifique et démarche artistique s’entrecroisent : l’oiseau devient tour à tour objet et sujet. Il faut alors puiser dans son milieu de vie, son environnement, pour rendre compte, traduire et transcrire, donner à voir et émouvoir, dans une relation tantôt esthétique tantôt poétique, toujours symbolique.

Monique Josse sollicite largement la Loire, ses sables et ses peupleraies, les oeufs des corbeautières, les éléments de la ruralité angevine. La préparation mentale nécessaire à la mise en oeuvre, les essais diversifiés, permettent d’arrêter les choix de matériaux conduisant à une symbiose maîtrisée du dénoté et du connoté. Elle fait appel aux éléments naturels ( os, bois, tiges, feuilles, pierres, plumes..) aux produits manufacturés ( brique, bronze, papiers, encre, cire, jesmonite..) . Elle utilise et mêle des techniques diverses, du geste primitif (collecte, empreinte) au plus élaborée ( soudure, gravure, terres cuites, peinture, photos...). Comme dans les boîtes d’un “cabinet de curiosités” le voyageur garde et regarde les lambeaux de ses découvertes où se côtoient squelettes et écorchés, objets insolites et hétéroclites, témoignages fragiles d’une autre culture.

Monique Josse, 2008.          mentions légales    Creative Commons License           optimisé pour : résolution 1024x768px - Internet explorer 7 - Firefox 3.0 - Opera 9.6